Irish Diaries #2 • Premières leçons et observations dublinoises

Deux semaines après le premier Irish Diary, je reviens pour te donner des nouvelles de mes aventures irlandaises! Cela fait donc quinze jours que j’ai commencé mon stage (qui devrait durer trois mois) dans une agence d’architecture de Dublin, et j’ai enfin pu m’imprégner d’un contexte 100% irlandais (jusqu’ici, l’accent Américain de mes colocs prédominait largement dans mon quotidien). Un contexte irlandais ET professionnel, ce qui me faisait quand même un peu flipper, je ne vais pas te le cacher. Un premier jour dans un bureau en France, ça peut déjà être gênant et stressant, alors imagine quand tu ne comprends que 30% de ce que te disent tes collègues ou ton boss…!

Après ces deux semaines, un premier bilan de ce que j’ai pu observer et apprendre de la ville et de ses habitants s’impose. (Attention, généralités en approche.)

Le ciel de Dublin est caractériel (Airfield Food Festival)
Le ciel de Dublin est caractériel (Airfield Food Festival)
La météo à Dublin

➽ Le Dublinois (et encore plus la Dublinoise, je crois) est tout-terrain. Lorsqu’il doit traverser la ville à pieds pour aller bosser, il met ses New Balance. Peut importe si ça s’accorde pas avec son costard ou avec sa jupe-crayon. L’Histoire ne dit pas si il change de chaussures lorsqu’il arrive au boulot.

➽ Le Dublinois est tout-terrain mais doit faire des choix vestimentaires, même s’il sait pertinemment que sa tenue deviendra inadaptée à un moment ou à un autre de la journée (c’est obligé). Du coup, en allant travailler, je rencontre des gens en doudounes et des gens en débardeur.

➽ Toujours avoir dans son sac : des lunettes de soleil, un parapluie et une écharpe. T’es pas à l’abri qu’un épisode caniculaire soit suivi d’une mousson, en fait.

➽ Un parapluie, donc, tout en gardant à l’esprit que le vent t’empêchera probablement de l’utiliser.

Richmond Street South
Richmond Street South
Parler le Dublinois

➽ Le Dublinois a un accent à couper au couteau, alors que l’accent « de la campagne » est bien plus doux. J’ai appris ça à mes dépens, lorsque, après une semaine à côtoyer mes collègues non-Dublinois-de-souche, je pensais que l’accent était pas si terrible que ça. ERREUR! Mon collègue Kevin est revenu de vacances la semaine d’après ; s’en sont suivi de nombreuses conversations incompréhensibles.

➽ Je dois me faire à l’idée qu’ici, je suis Lia (à l’oral) ou Leah (à l’écrit).

➽ Quand quelqu’un te demande comment tu vas, tu ne réponds pas « good » mais « not too bad ». C’est marrant on dirait nous, les Français.

➽ Ne prend pas peur lorsqu’on te demande « What’s the crack? » ou qu’on te dit que cette soirée, « it was really good crack ». En fait, on te parle de « craic », qui se traduit, en gros, par « fun », « divertissement », « news », « bonne conversation »… Du coup, what’s the craic = quoi de neuf/comment tu vas, et it was good craic = c’était drôle/génial/agréable.

➽ Quand les boss ne sont pas là, qu’on est vendredi et qu’il est 17h35, Ain’t no mountain high enough s’impose à fond sur les ordis du bureau. (mais ça je crois que c’est juste le délire de Kevin, en fait) (j’approuve)

➽ Quand tu éternues, excuses-toi, et ne t’attends pas à ce qu’on te souhaite quoi que ce soit. Visiblement, ça perturbe également mes colocataires Américaines, qui ont pour habitude de « bless you »-er tout le temps et tout le monde.

Temple Bar après la pluie
Travailler à Dublin

➽ Le Dublinois appelle tout le monde par son prénom. Même dans le cadre professionnel, oui. Pas de « Monsieur Untel », c’est Cormac un point c’est tout. Si tu téléphones à une entreprise, tu prends soin de demander son prénom à ton interlocuteur, pour pouvoir le remercier avec son prénom à la fin de l’échange. Pareil pour les mails pro. Ca peut donner lieu à des situations plutôt cocasses : mon collègue a cherché à répondre à un mail, en évitant soigneusement d’utiliser le prénom de son interlocutrice, qui n’était autre qu’une certaine Tequila (en effet, elle doit avoir des parents rigolos). Peine perdue, il lui a semblé finalement inconvenable de ne pas l’utiliser. « I don’t want to be rude! »

➽ La pause café de 11h et la pause thé de 16h sont sacrées. J’ai été formée scrupuleusement à les préparer dans les règles de l’art pour tout le bureau. C’est-à-dire : servis avec du lait. La pression sociale m’a fait essayer de boire mon thé avec du lait DEUX fois. Mais non, vraiment, c’est contre nature.

➽ Les conversations téléphoniques, si elles sont le plus souvent sur un ton très amical (cf. point prénoms), s’arrêtent de façon très abruptes. Genre « Ok tu peux m’envoyer ça pour demain? Cool. » Point. Voilà, déjà raccroché.

➽ Lorsque tu termines à 18h, tu termines à 18h. Cela m’a particulièrement frappé compte tenu que le domaine de l’architecture n’est pas connu pour être calqué sur les « horaires de bureaux ». Je culpabilisais presque de partir à l’heure pendant mes précédents stages (alors que j’étais une stagiaire, généralement non rémunérée), ici, à 18h00 tapantes, les autres employés ont déjà rassemblé leurs affaires et sont prêt à quitter les lieux. Les charrettes au bureau jusqu’à 4h du matin tiendraient de la science fiction, ici (ouf, parce que j’ai assez donné à ce niveau-là).

Réflexion le long du Grand Canal

Se déplacer à Dublin

➽ A Dublin, en terme de déplacements, mieux vaut ne compter que sur soi-même (et ses pieds). Une grève des bus est prévu pour les 14 prochaines semaines, et même en tant normal, le réseau est un peu chaotique. Heureusement, il y a le LUAS (prononcé Louisse, c’est le tram) ! Sauf que celui-ci ne se compose que de deux lignes, assez courtes… qui ne se croisent pas. Ca serait trop facile, « mdr ».

LUAS : Fuckin walk it yerself
LUAS : Fuckin walk it yerself

➽ Du coup, ici, tout est à 20 minutes à pieds. Tout. Et encore, c’est parce que j’ai la chance d’habiter très proche de l’hyper-centre. Pour rendre ça plus marrant, j’ai téléchargé l’application Human et effectivement, tracker ses kilomètres parcouru les rends moins pénibles.

Music is the Brandy of the damned (Afterwork @ The Bernard Shaw)
Music is the Brandy of the damned (Afterwork @ The Bernard Shaw)
Boire à Dublin

➽ La première Guinness que j’ai bu ici n’était pas franchement folichonne. MAIS c’est parce qu’il est nécessaire de savoir COMMENT la boire, et surtout . En effet, j’ai appris que seuls certains pubs et bars étaient réputés pour leur Guinness, et c’est dans ceux-là (ET UNIQUEMENT CEUX-LÀ) (NE JOUE PAS AVEC LE FEU MON ENFANT) que tu devrais la boire. En gros, il faut aller boire sa Guinness… là où les gens en boivent beaucoup. Parce que si les clients en boivent beaucoup, ça veut dire :

  1. que la bière coule à flot et donc ne stagne pas dans les tuyaux de la tireuse à bière,
  2. que le fut de bière est probablement installé très proche du bar (puisque nécessitant d’être changé régulièrement), réduisant donc la longueur du tuyau entre le fut et la tireuse, et donc la quantité de bière qui va stagner dedans (cf. point 1).

CQFD.

    Jusqu’ici, voici ma petite liste personnelle et non exhaustive des endroits où tu peux boire une Guinness les yeux fermés (mais ouverts c’est quand même mieux, cf. plus bas) :

  • Mulligan’s, 8 Poolberg Street (un pub irlandais authentique avec des vrais vieux monsieurs à casquette),
  • The Stag’s Head, 1 Dame Court,
  • The Hairy Lemon, 41 Stephen Street Lower.

➽ Maintenant que tu sais où aller, sache qu’il y a aussi une MANIÈRE de boire sa Guinness pour l’apprécier à sa juste valeur. Déjà, pas question de faire la chochotte : elle se boit par grandes gorgées, pas en la sirotant. Question de palais machin arômes truc. Ensuite, le breuvage est à avaler en regardant droit vers l’horizon. A défaut d’horizon, tu regardes le front de ton interlocuteur, à peu près. Cette seconde recommandation est cependant à prendre avec des pincettes (mon boss, quand je lui ai raconté, à crié au bullshit). Il va falloir que je me rende bientôt à la Guinness Storehouse pour démêler le vrai du faux. Je te tiendrai au courant.

➽ Les filles à Dublin sont immunisées contre le froid. Peu importe l’heure de la nuit ou la température, elles sortent en mini-robe sans frissonner (et sans petite veste qu’elles tiennent à la main comme toi, c’est des vraies battantes je te dis), sont en talons hauts (rien à faire des pavés dans Temple Bar), et ce, même pour aller dans un pub poussiéreux.

➽ Ce qui rend la chose probablement plus supportable/agréable, c’est qu’ici aucun homme ne songe à siffler/interpeler/insulter/mater lourdement une femme dans la rue ou ailleurs. Sérieux, c’est QUOI notre problème en France? Eduquons nos garçons, merde.

➽ Dernière observation : les Irlandais bourrés sont les meilleurs bourrés que j’ai pu rencontrer jusqu’ici. ♥︎

College Green
College Green

Je reviens très vite pour te partager mes photos et mes derniers lieux visités, promis! En attendant, si tu as envie de photos bonus, n’hésites pas à me suivre sur Instagram 😉 </selfpromo>

Sporadiquement tienne,
Léa

Ca pourrait t'intéresser

1 comment

  1. C’est trop top ! J’adore lire tes péripéties dublinoises !!
    Je suis RA-VIE de savoir que tu t’habitues bien à ta vie la bas, que tu t’adaptes aux coutumes locales et que tu profites à fond de tout ça !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *