Irish Diaries #5 • Kilmainham Gaol, IMMA & finale de football gaélique!

Premier weekend COMPLET à Dublin même. A force de courir aux quatre coins du comté et de l’île pour voir un maximum de chose chaque weekend, je n’avais toujours pas trouvé le temps de faire quelques uns des « incontournables » de la capitale irlandaise. J’avais déjà rayé de ma bucketlist la bibliothèque de Trinity (Irish Diaries #2) et Phoenix Park (Irish Dirais #1), et pour ce premier weekend d’octobre, j’avais deux objectifs : la prison de Kilmainham Gaol et le musée d’Art Moderne (le Irish Museum of Modern Art ou IMMA pour les intimes). Situés tout à l’ouest de la ville, ils nécessitaient chacun une heure de marche depuis ma maison. La logique aurait donc voulu que je fasse d’une pierre deux coups en allant les voir dans la même journée mais ça aurait été trop simple et puis j’avais des kilomètres à faire pour remonter dans le classement de l’app Human (je t’en reparlerai un jour de cette app) (ou peut-être pas) (probablement pas) (je te la conseille).

Et puis pour ajouter un peu de fun à ce weekend culturel (QUOI LA CULTURE C’EST FUN), j’ai découvert de nouveaux endroits pour bruncher et pour aller boire un coup (eh non, l’exploration des 1700+ pubs de Dublin est loin d’être terminée). La finale de football gaélique a eu lieu ce weekend, et c’était aussi un évènement qui mérite que je te le narre un peu. Mais reprenons par le début.

BRUNCH @ FARM

Notre vendredi soir ayant été plutôt sage (notre passage au bar Howl At The Moon nous ayant laissé une impression située à peu prêt au milieu du spectre WAH MAIS C’EST TROP BIEN ICI et EUH MAIS QUEL EST CET ENDROIT?), nous sommes fraiches et dispo pour un brunch le samedi matin. Parce qu’on a pas envie de marcher MAIS qu’on cherche un endroit qui fait de vrais (bons) brunchs, notre choix se porte sur Farm, tout près de notre maison, juste au sud du Grand Canal. L’enseigne familiale compte cependant deux restaurants, sous le même nom, et cherche à promouvoir une cuisine simple, fraiche, bio et locale. La famille irlandaise qui tient ces restaurants cherche aussi à proposer de VRAIES alternatives végétariennes, véganes et sans gluten.

Les prix sont corrects compte tenu de la qualité des produits utilisés, je trouve. Je choisis les pancakes « à l’Américaine » (appellation toutefois non approuvé par Sarah, assise à mes côtés) qui sont servis avec une confiture de baies et de la crème fouettée, le tout fait maison. C’est excellent, je regrette juste de ne pas en avoir plus dans l’assiette. Mes deux alliées de la journée, Maria et Sarah, n’arrivent pas à finir les leurs : l’omelette espagnole et le petit déjeuner irlandais (champignons, saucisses, oeuf, tomate, haricots) qu’elles ont choisis sont apparemment délicieux aussi!

Next stop, le musée d’Art Moderne.

IRISH MUSEUM OF MODERN ART

J’adore visiter les musées d’Art Moderne quand je suis dans une ville : peu importe sa taille, sa renommée… je trouve toujours intéressant de voir à quels points ils peuvent se ressembler d’un pays à l’autre… et en même temps être tellement singulier!

Celui de Dublin est donc un peu en retrait de la ville, à l’ouest, et est entouré de grands jardins et parc. Conçu pour être l’hôpital royal de Kilmainham, ce bâtiment du XVIIème siècle a accueilli des soldats invalides pendant près de 250 ans avant d’être rénové en 1984 puis ouvert en tant que Musée d’Art Moderne en 1991. Le bâtiment en lui-même est inspiré des Invalides à Paris ; il est moins grand (et moins spectaculaire) mais quand même sacrément canon (<— oui, j’ai fait 5 ans d’études d’architecture pour t’offrir ce genre de commentaire pointu).

Les parties consacrées au musée ne sont pas très étendues, et la totalité des collections peut-être vu en moins d’une heure si on ne cherche pas à trop s’attarder. Je retiens surtout l’installation vidéo de Kevin Atherton, qui décida de se filmer en 1978, lorsqu’il avait 27 ans, en train d’avoir une conversation avec son futur lui. Il se film à nouveau en 2014 pour enregistrer la seconde partie de cet entretien très particulier, et c’est ainsi que nait In Two Minds. La conversation est saisissante de justesse et d’humour ; ça m’a fait me demander ce que j’aimerais dire à mon moi du futur… et encore plus à mon moi du passé!

Après les expositions, un détour par les jardins s’impose : là aussi, l’inspiration française est comme qui dirait plutôt palpable. Mais hé, y a pire comme inspiration *french pride impromptue*.

GAELIC FOOTBALL FINAL GAME

Deux semaines après une finale qui s’est terminé à égalité entre les comtés de Dublin et Mayo (oui oui Mayo), le match de football gaélique a du être rejouer ce weekend. Mon collègue Kevin, un fan incontesté (comme 90% de la population irlandaise d’après mes estimations personnelles), m’a aidé à entrevoir la folie que générait ce sport auprès des habitants. Des drapeaux bleus clairs et blancs flottaient à toutes les fenêtres pour soutenir Dublin (#UpTheDubs!) et quelques drapeaux verts et rouges (que j’ai d’abord pris pour des drapeaux portugais, va savoir pourquoi) soutenaient dignement les adversaires.

Le samedi, à 17h, nous étions donc dans un pub. Faux, nous sommes arrivées avec 20 minutes de retard et chaque nano centimètre de bar ou de pub avait été pris d’assaut par des supporters (c’est à dire les Irlandais en général, si tu as bien suivi). On s’arrête finalement au Mercantile, sur Dame Street, et après s’être fait presque huées parce qu’on prenait trop de temps à commander notre Guinness et qu’on étaient devant un des écrans, on s’installe pour observer cet étrange spectacle.

Concrètement, le football gaélique me semble aussi probable que le Quidditch. Mélange de rugby et de football, les joueurs marquent des points en faisant des buts ou des essais. Je ne suis pas parvenue à en comprendre d’avantage, et le système de score demeurera à jamais un mystère pour moi. C’était bien assez drôle de suivre les réactions des supporters, agrippés à leurs bières et leurs coins de table, à l’affut de la moindre action. Ah, et y a des cartons noirs aussi. Trop dark. Dublin a finalement gagné, tout le monde était heureux (sauf les supporters de Mayo) (mais ça les a pas empêchés de boire à la gloire de leur équipe après coup, comme des vrais Irlandais). Et j’ai un peu eu l’impression de vivre une vraie expérience irlandaise, un (petit) moment historique!

BURGER & PINTES

Comme il se doit, on finit cette entrevue sportive avec un bon burger de chez Jo’s Burger, dans les environs de Temple Bar. Je teste un des végétariens (il est bon de souligner qu’il y avait plus qu’une option végétarienne), il est très bon, je tombe surtout amoureuse des frites de patates douces. La soirée se poursuit ensuite dans différents endroits qui ne méritent pas tous d’être mentionnés, à part le P.Mac’s, dont l’ambiance était vraiment sympa, et qui est moins claustrophobisant (?) que la plupart des autres bars de la ville dans lesquels je suis déjà rentrée. Ensuite, petit détour par le Hairy Lemon, dont je t’avais déjà parlé ici, et qui est toujours aussi cool, puis chute dans mon lit douillet.

Kilmainham Gaol

C’est fraiches et pimpantes (non) que nous partons dimanche midi en direction de la prison de Kilmainham Gaol. Si le lieu est très touristique et apprécié, il n’en demeure pas moins difficile de réserver des places, puisque la prison se visite avec un guide, par groupe d’une trentaine de personnes. Notre visite commence à 13h30 et durera une heure ; après une petite introduction dans la chapelle qui replace certains repères historiques, Mike, notre super guide, nous fait découvrir les cellules de cette édifice assez étonnant.

Si visiter une prison ne semble pas très folichon (je te l’accorde), c’était ici un très bon prétexte pour parler des personnages qui ont marqué l’histoire de l’Irlande, notamment les leaders de l’insurrection de Pâques de 1916, de la guerre d’indépendance (1919-1921) et de la guerre civile (1922-1923) (ouais ce début de XXème était une pure soirée). Elle a également été forcée d’accueillir un bon nombre de familles pendant la Grande Famine (1845-1952) à cause de la multiplications des vols de nourritures, qui ont donc conduit à un surpeuplement de la prison (sacrément résiliants ces Irlandais j’te dis).

Mais visiter une prison, c’est aussi et surtout un moyen de voir « où » en étant une société et son gouvernement à une période donnée : comment les gens étaient punis? traités? jugés? Enfin, Kilmainham Gaol, dont l’architecture s’inspire du panoptique, a aussi la particularité d’être sacrément photogénique, ce qui participe grandement à sa renommée, je pense.

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Adresses à retenir
    • Farm, 133 Leeson Street Upper, pour de bons brunchs mais pas que! Nourriture fraiche, locale, bio.
    • The Mercantile Bar, 28 Dame Street, un pub sympathique de l’hyper-centre, avec grands écrans lorsque les occasions sportives se présentent, des des deals burger/pinte!
    • Jo’s Burger (Town), 4-5 Castle Market, d’excellents burgers (avec des options végétariennes, véganes et gluten-free!), d’excellentes frites, un staff sympa, une déco cool!
    • P.Mac’s, 30 Stephen Street Lower, un pub tout près de Stephen’s Green, avec une ambiance travaillée mais décontractée, et une très large sélection de bières.

 

Voilà pour mon weekend culturé!
Je te donne rendez-vous très vite pour te parler de Galway et des îles d’Aran!

Sporadiquement tienne,

Léa

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